Cette catégorie regroupe nos diverses expérimentations de tannage :
Une peau de sanglier... Il reste beaucoup de déchets accrochés à la peau (graisse et reste de viande), il faut donc gratter tout ça ! (pas facile, surtout sans couper les racines
des poils ) Ici, faute de couteau à écharner, nous avons utilisé un couteau à pied (ou demi-lune) de sellier.
Ensuite, on sale la peau raclée afin que l'eau sorte et que la peau ne pourrisse pas, la peau est enroulée et mise à égouter sur un plan incliné. Une fois la peau sèchée, on peut la conserver en
attendant..
Elle devra ensuite être tannée sinon, même séchée, elle restera putrescible.
Expérimentation été 2007
Echarnage de peau de lapin : si on trouve "l'ouverture facile" c'est facile ! ! :-)
La peau de lapin est très fine et délicate, sur les conseils d'un tanneur professionnel, nous n'avons pas utilisé de couteau et avons tout fait avec les doigts (merci Marine !). La couche de
l'hypoderme se détache en une seule fois avec un peu de pratique. Reste le derme avec sa fourrure qui seront plongé dans un bain d'eau tiède où l'on ajoute un peu de sel, de l'alun, des oeufs et
de la farine.
La peau de lapin est très facile à traiter de cette façon, on peut dire qu'elle est "mégie" et non pas tannée car aucun tannin végétal n'a été utilisé.
Après 4 jours de trempette, les peaux sont tendues sur cadre et rangées dans un endroit frais en été, pour ne pas que l'eau s'évapore trop vite et que le collagène de la peau ne souffre de la température.
L'opération la plus délicate est bien la mise en tension sur un cadre, la fine peau se déchire facilement, il est indispensable de tendre progressivement et sans forcer. Il faut utiliser une cordelette assez grosse pour ne pas fendre la peau lors de la tension. Ici pour ne pas tacher le cuir lors du perçage, nous avons fabriqué une pointe en os bien utile...
Peaux de chevreaux :
Echarnage et ébourrage des poils pour obtenir par la suite du cuir et non de la fourrure.
Même opération pour les chevreaux, la peau est écharnée avec un couteau de sellier (à gauche) et ébourrée à l'aide d'un couteau spécialement fait pour ça ( merci Seb !). A droite, la peau à été
préalablement mise à tremper dans un bain de cendres (pH 14), nous ne l'y avons pas laissé assez longtemps car les poils s'épilent difficilement, une bonne semaine eut été préférable.
Après un bon rinçage, les peaux sont pickelées dans un bain de son fermenté (pH 5), cette opération servirait à faire descendre le "pH" de la peau et la prépare à recevoir la "pate à crèpes" comme pour les peaux de lapin ci-dessus.
Toutefois une fermentation contrôlée permet de faire tomber les poils sans utiliser de bases (cendre, chaux), il rendrait le cuir plus souple mais cette opération nécéssite plus d'expérience.
Ces images sont peu apétissantes mais il ne se dégage aucune odeur malsaine de ces traitements.
On tend ensuite les peaux sur des cadres.
Elles sont mises à sécher à l'ombre, et on gratte avec un silex tranchant pour finir d'enlever les morceaux de peaux résiduels et commencer à l'assouplir.
Pour finir, un petit coup de pierre ponce, pour lisser la surface du cuir.
Détail de l'aspect de la peau côté chair après la finition.
Les peaux ci-dessus ont été tannées rapidement à l'aide d'un mélange assez étrange : dans de l'eau on ajoute de l'alun, de la farine et des oeufs et une pincée de sel; puis on laisse tremper les
peaux 2 à 5 jours dans ce mélange. Elle sont ensuite assouplies sur une lame à tanner ou sur la tranche d'une planche en bois.
Nous observerons comment les peaux se conservent dans le temps, si l'humidité a une action néfaste car le traitement à l'alun serait réversible.
Le "tannage" à l'alun ou plutôt le mégissage est une technique très ancienne, les Hittites utilisaient déjà cette substance (environ 5000 ans), c'est un sel natif double d'aluminium et de potassium. Aussi étrange que cela puisse paraitre, le "tannage" à l'alun n'existe pratiquement plus de nos jours, (sauf chez certains artisans tanneurs), le rôle de l'alun n'est clairement pas expliqué de nos jours, bien que effectivement ça marche, pourquoi ça marche on ne sait pas....
Il existe d' autres modes de tannages, voir l'article dans le blog astelier du cuir.
De nos jours le tannage des peaux se fait à 90 % aux sels de chrome (produit très toxique malheureusement !).
Dans notre pays des lois draconiennes empèchent aux tanneries de rejeter des produits chimiques directement dans la nature, mais ce n'est pas le cas partout. En Inde par exemple, c'est un vrai
désatre, et dans d'autres pays on se sait même pas ce qu'il s'y passe... Outre le fait d'être allergène, le chrome (3 ou 6) est largement utilisé dans les industries modernes de part le monde. Le
cuir "chromé" est "résistant et pas cher", c'est un énorme désastre écologique.
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